Nous sommes sans cesse partagés entre une trop grande confiance aux autres et un manque
de confiance dans ce que nous sommes.
La recherche d’émotions, de plus en plus fortes, qui caractérise cette fin de siècle,
fait que nous passons à coté d’expériences simples, d’illuminations intérieures.... Nous doutons de tout... Dès qu’il nous arrive une expérience, nous la négativons intérieurement. .. La
simplicité du Divin ne nous émeut plus et, pour compenser, nous «nous payons» de temps en temps une poussée d’Ego, racontant autour de nous : «l’expérience mystique du siècle». Mais ce n’est
que façade... Nous n’y croyons pas à l’intérieur... Ce n’est pas cela que nous recherchons au plus intime de notre personnalité. Ce n’est pas assez palpable.
Nous rêvons sans cesse d’un monde Divin à l’image de l’homme, vivant sur un plan où nous
serons capables de le concevoir sans difficulté... Quelque chose qui ôterait nos doutes.
Alors, nous nous mettons à la recherche d’un Maître humain, plus concret. Mais dans un
même temps, nous le mettons en cause : «ce n’est qu’un homme, avec ses faiblesses, ses failles....»
Là non plus, l’image de ce que nous trouvons ne nous convient pas, trop proche de nous,
trop quelconque, et si lointain du miracle qui nous réconcilierait avec Dieu, avec l’image que nous nous en faisons !
En fait nous sommes en permanence en contradiction avec deux axiomes fondamentaux de la
recherche du Soi :
- «Ce que j’ai fait vous le ferez après moi», qu’il faut mettre en relation avec «heureux
les petits enfants...», «heureux les simples d’esprit»...
Cessons de chercher un «merveilleux» inaccessible, le bonheur est simple, Il est à portée
de la main de celui qui fait taire sa raison, sa logique... Le miracle est sans cesse devant nos yeux mais nous ne le voyons plus, cherchant un «autre chose», toujours plus loin, toujours plus
«extraordinaire».
- «Sois toi même ta propre lumière» disait le Bouddha. Ce qui ne voulait pas dire qu’il
rejetait l’image du Maître (pour en avoir eut lui-même) mais que la réalisation doit se faire en nous même, sans toujours rechercher celui qui le fera à notre place, celui qui nous fera rêver à
bon marché parce qu’en «contact avec les anges».
Ouvrez un regard neuf sur le monde qui vous entoure. Ne soyez pas toujours tentés de
visiter l’autre bout du monde quand vous ne connaissez pas la partie de monde que vous habitez. Il faudra bien un jour en convenir : nous ne voyons pas ce qui est proche de nous, nous ne nous
voyons pas.
Nous cherchons et cela est devenu une habitude. Nous ne connaissons même plus le but de
notre quête. Cela fait des lustres que nous ne nous sommes pas posés la question sur la nature de notre but. Prenons le temps de recentrer notre recherche. La voie n’est pas qu’une quantité de
principes abstraits, de désirs impossibles. Elle n’intègre en rien une perpétuelle attente de visions plus ou moins obscures. Elle est avant tout une somme de méthodes de transformations
intérieures, une suite d’expériences visant le but... Mais quel est-il ? Cessons de nous perdre dans des détails de forme, de manières... Au delà de toutes ces dispersions qui ne sont là que
pour justifier notre attitude personnelle, existe la Voie - La seule et Unique - Même si là encore, certains auraient tendance à la scinder en deux : Celle où l’on reçoit (la connaissance) et
celle où l’on transmet.
Mais au delà de cette distorsion due à notre dualité, il n’existe que la voie qui vit,
semblable au cœur avec ses diastoles où il aspire le sang (où elle va chercher la connaissance) et des systoles où il retransmet le sang (où elle retransmet ce qu’elle a compris), puis ses
périodes de repos - telle est l’unique voie qui mène à Dieu -
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