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Même sur le sol Africain, le Graal est avant tout une quête intérieure - La Massenie ne désire que rassembler des Cherchants Sincères au delà de tout Dogme, de tout esprit de Chapelle - fidele à ce que disait Gabrielle CARMI : Oser Rêver, c'est Oser Vivre !
tout en conservant l'Esprit du Temple.
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Le 12 juin 1124, Hasan ibn Sabbat sut qu'il allait mourir. Il réunit ses principaux fidèles pour les en informer, et leur dire qu'il désignait comme successeur Kya Buzurg Humid, un de ses plus anciens disciples.
Le mythe de la survivance d'Hasan s’établit chez les Ismaéliens et fut soigneusement entretenu par Kya Buzurg qui, pourtant, l'avait vu mourir. Hasan reviendrait avec l'Imam de Résurrection, le Mahdi, être de lumière. Dans cette attente, il fallait continuer à suivre les enseignements qu'ils avaient dispensés pendant sa vie terrestre.
Le nombre des partisans d'Hasan augmentait sans cesse. Kya Buzurg disposait maintenant d'environ 70 000 hommes, et de 74 forteresses réparties de la Méditerranée à l'Indus. On était loin des deux centaines d'hommes réunis à Alamout après la prise de cette place par Hasan. Kya Buzurd continua la politique de terreur par la pratique des assassinats ; c'est ainsi que furent tués, par des fidawis, les califes fatimides du Caire et de Bagdad, ainsi que de nombreuses personnalités sunnites. Malheureusement, Kya Buzurg dévia de la ligne austère qu'Hasan avait si strictement suivie.
L'Ordre atteignit l’apogée de sa puissance sous les deux successeurs de Kya Buzurg, son fils et son petit-fils, de 1138 à 1172, et cela malgré des erreurs et des défaillances. Puis, il déclina jusqu'à ce que se produise un événement considérable : l'invasion Mongole. L'Iran fut submergé et, en 1265, Alamout tomba sous le choc furieux des armées de Houlagou, petit-fils de Gengis Kahn. La terreur Mongole, marquée par d'affreux massacres collectifs, succéda à la terreur des assassinats individuels.
Heureusement, en prenant Alamout, Houlagou se rendit compte de l'importance de sa bibliothèque qui comprenait quelques trente mille volumes, dont certains étaient précieux. Il chargea Djouény, historien mongol arabisé, d'en faire le recensement. Celui-ci dura plus d'un an. Djouény prit de nombreuses notes, releva de nombreux extraits. Mu par son sectarisme anti-Ismaélien, il publia un mémoire dans lequel il condamnait sévèrement la doctrine du Seigneur de la Montagne. L'analyse qu'il en fit à cette occasion a au moins eu l'avantage de faire connaître une partie de l'oeuvre de Hasan ibn Sabbah avant qu'elle ne soit détruite. En effet, allant encore plus loin dans son hostilité, Djouény réussit à convaincre Houlagou de détruire la bibliothèque. Ce qui fut fait sur les lieux mêmes dans un abominable autodafé ! Les recherches patientes de deux savants contemporains, W Ivanof et Henry Corbin, ont permis de retrouver récemment, aux Indes, quelques textes ismaéliens que l'on croyait perdus pour toujours. Ils se trouvent aujourd'hui à la bibliothèque Iranienne de Téhéran que dirige Monsieur Corbin. Une partie d’entre-deux a été traduite et leur exploitation peut ainsi se poursuivre.
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