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Même sur le sol Africain, le Graal est avant tout une quête intérieure - La Massenie ne désire que rassembler des Cherchants Sincères au delà de tout Dogme, de tout esprit de Chapelle - fidele à ce que disait Gabrielle CARMI : Oser Rêver, c'est Oser Vivre !
tout en conservant l'Esprit du Temple.
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Il reprit ensuite la route d'Ispahan où il savait obtenir des appuis sérieux en hommes et argent. Puis, il décida de gagner les montagnes du Sud de la Caspienne en vue d'y trouver un lieu suffisamment dur où il pourrait s’établir et s'organiser. Il disposait maintenant d'assez d'hommes à la foi intense et qu'il savait dévoués jusqu'à la mort à la cause de l’Ismaélisme réformé. C'est alors que se produisit un événement qui augmenta considérablement son audience auprès des ismaéliens. Il venait de quitter la ville avec sa troupe lorsqu'il fut rattrapé par un de ses anciens serviteurs Egyptiens portant un enfant qu'il déclara être le fils de Nizar ; il avait pu le sauver au moment où Nizar avait été massacré. Cet enfant fut aussitôt considéré comme le nouvel Imam caché, l'enfant-Dieu, et Hasan était son prophète. Et ce prophète allait prêcher la révolte contre l'Islam !
Remontant vers le Nord, Hasan s'installa avec sa troupe à Damegan, ville fortifiée de la chaîne montagneuse bordant le Sud-Est de la Caspienne. Cette ville lui était fidèle, et était suffisamment loin d'Ispahan dont elle était séparée par une zone désertique ; en cas d'alerte, Hasan savait pouvoir compter sur plusieurs forteresses voisines pour lui prêter main forte. Après avoir prospecté un certain temps la région, il trouva enfin ce qu'il cherchait : un château entouré de murailles se dressait en haut d'une montagne semblant suspendue au-dessus d'un paysage désertique, sauvage, au relief tourmenté, et d’accès difficile. C’était ce qu'il cherchait, et il était Sûr que son inspiration ne le trompait pas !
Ce Château de la Région du Roudbar était assez éloigné de la ville la plus proche, Kazwin. Alamout était la résidence de Mahdi, de la famille des Alides, gouverneur fidèle au Sultan d'Ispahan et à son Grand Vizir. Hasan se heurterait de ce fait à des difficultés pour s'en emparer, mais il décida de passer outre et retourna à Damegan pour préparer soigneusement la réalisation de son projet. Il y passa environ un an, puis se rendit à Kazwin. Il fit pénétrer à Alamout quelques uns de ses partisans chargés de lui ménager un terrain favorable en ralliant la garnison à l’Ismaélisme. Et, un jour de septembre 1090, on vit un vieillard isolé à l'allure majestueuse inspirant le respect entrer dans la forteresse. Il semblait méditer près de la résidence de Mahdi lorsque celui-ci l’aperçut. Le vieillard s'approcha alors de lui. Il était vêtu d'une robe blanche à ceinture rouge. "Je suis le guide, le "Dih-Khoda", dit-il à Mahdi. "Et toi, qui es-tu ?" - "Je suis le serviteur du Sultan", répondit Mahdi - "Alors va-t'en, ta place n'est plus ici... Tu diras aux hommes du Sultan qu'il y a maintenant un maître à Alamout, qu'il y a fondé un Ordre de moines et de guerriers, et que ce maître se nomme Hasan Sabbah, le Maître de la Montagne". Isolé et abandonné par son entourage, Mahdi dut s'incliner. Hasan lui remit un billet dans lequel il indiquait au destinataire, le gouverneur de Damogan, d'avoir à payer trois mille dinars à Mahdi comme prix de la forteresse d'Alamout. Mahdi fut évidemment fort sceptique car le gouverneur de Damegan était un personnage considérable qu'il pensait fidèle au Sultan ; aussi fut-il fort surpris lorsque quelques semaines plus tard il remit le billet à son destinataire : le gouverneur baisa l’écrit et versa aussitôt la somme ! Une première expédition montée au milieu de 1092, par ordre du Sultan pour reprendre Alamout, se solda par un échec à cause de l’hostilité qu'elle rencontra dans la région de la part de la population. Furieux, le Grand Vizir Nizan-al-Mulk entreprit lui-même une nouvelle opération avec des moyens considérables. Il ne serait pas possible à Hasan de s'y opposer sur le plan militaire. Mais, le 16 octobre 1092, Nizan fut poignardé sur sa litière dans une rue de Bagdad, par un homme qui se déclara un fidèle du Seigneur de la Montagne. Et, quelques semaines plus tard, le Sultan mourait empoisonné dans son palais d'Ispahan. Ce fut le début d'une série d'assassinats dont furent victimes les personnalités les plus haut placées, ennemies de l’Ismaélisme réformé. Le Seigneur de la Montagne avait en effet décidé de pratiquer sur une grande échelle le crime nécessaire. Cette action fut couronnée de succès. L’autorité du Sultan était battue en brèche, l'administration se désorganisait, paralysée qu'elle était par la terreur ; des citadelles tombaient les unes après les autres, le pouvoir du Seigneur de la Montagne devenait considérable. C'est peut-être à cette action qu'il faut attribuer le nom d’assassins donné par les occidentaux à la secte des Ismaéliens d'Alamout. Certains auteurs pensent cependant que ce nom est une déformation de "hascischins", qui signifie "mangeurs de haschisch" ; d'autres pensent que ce nom vient de "assas", le gardien, le veilleur, qui protège les routes, mot dont le pluriel est" assassine". Mais par quels moyens le Seigneur de la Montagne avait-il pu parvenir à une telle puissance, avec des ressources en hommes au début assez limitées ? Combien étaient-ils, en effet, ces premiers fidèles, ces premiers "Fidawis" ? Moins de deux cents à Alamout même, si l'on en croit le récit qu'en fit au Sultan, une personne de son entourage renseignée par des espions. Parmi eux, des rescapés du naufrage du navire sur lequel Hasan avait été refoulé d'Egypte, en particulier quelques Francs ; puis des Syriens, des Irakiens, et bien Sûr des Iraniens. Tous étaient vêtus de la robe blanche à ceinture rouge qui sera utilisée par tous les fidawis.
Après qu'il se fut rendu maître d'Alamout, Hasan avait peu à peu chassé de la citadelle tous ceux qu'il ne jugeait pas dignes de servir son dessein. Il les avait installés, ainsi que les femmes, dans un village situé à l’intérieur des murs de la place. Les vides avaient été facilement comblés par les Ismaéliens accourus de l’extérieur pour le servir. Parmi ceux-ci, Hasan faisait lui-même un choix très sévère,. Hasan occupait une petite pièce très simple dans le château, à côté de la bibliothèque dans laquelle il s'enfermait de longues heures, voir même des jours, ayant devant lui le paysage grandiose et sauvage de la rude montagne du Roudbar.
Il lisait et méditait beaucoup, rédigeait ses mémoires, écrivait des traités métaphysiques dont une petite partie seulement ont été retrouvés tout récemment. C'est là qu'il rédigea, en particulier, ce "Nouvelle prédication", message dans lequel il précisait l'essentiel de sa doctrine. Celle-ci s’écartait sensiblement de celle des Ismaéliens d'Egypte qui s'en tenait trop exclusivement à une interprétation ésotérique du Koran et à la recherche du sens caché de chaque science. Une notion nouvelle y Était introduite, c’était que la sagesse des hommes ne suffisait pas, et qu'on ne pouvait accéder à la véritable connaissance qu'en suivant aveuglement l'Imam, intermédiaire obligatoire entre l'homme et la divinité.
Hasan avait su s'imposer, et son autorité était incontestée, ce qui ne peut s'expliquer que par le rayonnement d'une personnalité hors du commun. Il avait établi une règle stricte à laquelle devaient se plier tous ceux qu'il avait admis dans son Ordre secret, à la fois gnostique et guerrier. L’austérité y était absolue, et chacun devait à tout moment être prêt pour toute mission qui lui serait confiée. Son fils aîné et un de ses amis ayant été reconnus coupables de l'assassinat d'un des leurs, il les fit décapiter devant lui et tous les fidawis assemblés. Il fit de même un peu plus tard pour son deuxième fils accusé d'avoir bu du vin, ce qui était strictement défendu par la règle. On raconte qu'il utilisait le haschisch pour provoquer l'exaltation de ceux dont il voulait utiliser les services en s'assurant de leur soumission absolue. Endormis au haschisch, ils étaient transportés dans un jardin paradisiaque, ou qu'ils voyaient tel sous l'effet de la drogue, puis étaient ramenés chez eux après avoir été à nouveau drogués. A leur nouveau réveil, on leur expliquait que leur vision de l'Eden n’était pas un rêve, qu'ils étaient élus grâce à leur soumission au Seigneur de la Montagne, que cette soumission devait être maintenant totale, et qu'ils étaient devenus dignes de mourir pour l’idéal de l'Ordre. Mais, ils devaient garder le secret absolu.
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