Le terme de Chevalier peut sembler dérisoire, voire puéril, dans un siècle où les chevaux sont devenus
«vapeurs» et, où l’industrie de l’arme à feu est devenue la plus florissante du monde, cédant malgré tout sa place au nucléaire.
La Terre a plus que jamais besoin de gens actifs, de guerriers, pour servir sa cause. Et, qui mieux que le Chevalier
devrait pouvoir suivre la «voie du guerrier» ? Le chemin est long et dur. Il demande de la sensibilité, de la patience, un sens prononcé de l’éthique ainsi qu’une quête éperdue de
l’Amour.
Sans cela, nous ne serions qu’un bien médiocre Chevalier, semblable à tous ceux qui ne visent, au travers de la
tradition, qu’à revêtir notre blanc manteau surmonté de sa croix, couleur de lumière, ne cherchant que les parades mondaines ou encore pire : la connaissance encyclopédique.
Allons mes frères, armons nous de courage, progressons ensemble sur la voie caillouteuse du «Roi Go» et ne
confondons pas courage et invulnérabilité. Le Chevalier n’est pas un être invulnérable, bien au contraire. Il développe en lui cette sensibilité qui l’ouvre au monde, faite de vie et de
présence, d’harmonie et de lumière.
Trungpa Rimpoché, définissant la voie du guerrier, disait : «Pour le guerrier, l’expérience du cœur
tendre est ce qui lui donne son courage. La vraie bravoure est le fruit de la sensibilité. Vous êtes prêts à vous ouvrir au monde sans résistance et à faire face au monde. Vous êtes prêts à
partager votre cœur avec les autres. Sans sensibilité, le courage est fragile comme la porcelaine».
Le COURAGE est la première des vertus Chevaleresques. Il vous faut le définir par trois
qualités intrinsèques :
- La Franchise : que vous développerez en vous acceptant tel que vous êtes ; Car la franchise
demande d’abord de vous présenter aux autres avec vos défauts comme vos qualités.
- La Persévérance qui seule vous amènera au bout du chemin malgré ses innombrables embûches.
- L’Audace qui vous poussera à aller toujours plus loin malgré vos peurs, qui permettra au Chevalier de demander à Belzébuth l’ouverture du monde des profondeurs afin qu’il
puisse affronter ses peurs et ses émotions. C’est seulement à ce prix qu’il pourra affronter l’univers avec confiance.
La seconde vertu de l’aspirant Chevalier doit être l’ENGAGEMENT. Le Chevalier
doit-être avant tout un militant (de la milice du Christ). Il vit avec intensité, tout comme s’il devait mourir à la seconde d’après. Le Chevalier remplit sa vie et change le cours de son
existence par sa joie et son énergie. N’oubliez jamais que le Chevalier n’est pas «au service de ....»,
il se met «au service de ...». Une fois ce choix fait, il accepte naturellement la discipline imposée, non pas
commandé par autrui mais conscient que seule la rigueur (à ne pas confondre avec raideur) l’amènera au bout de son idéal. La rigueur est votre amie intime, votre alliée pour atteindre le but
fixé par vous même. Là où d’autres ne verront que limitation, contrainte et effort, voyez-y une auto-discipline destinée à maîtriser le temps, pour jouir de votre vie. Cela implique de votre
part : détermination, vigilance et constance. Au bout se trouve la lumière.
Donnez le meilleur de vous-même en pensant que sur ce chemin, même l’erreur est positive. Que le tiède qui n’en fait
pas, ne trouve pas les poteaux indicateurs qui l’amèneront au sommet de la montagne.
La troisième des vertus est l’EQUILIBRE, l’accomplissement de la dualité.
A ce stade, le moine-Chevalier lève haut son beaucéant en criant : «Mont-joie» car il a fusionné la
dévotion du moine avec le pouvoir du Chevalier.
Il a compris que, qui ne possède rien, ne peut rien donner. Il ne fuira donc pas le pouvoir mais tentera par son
travail, sa constance, son courage et son engagement de le conquérir, de le maîtriser. C’est ainsi que l’ayant acquis, il pourra le partager, en faire don à autrui. Là encore, trois qualités
sont nécessaires :
- la responsabilité vis à vis de soi, comme des autres.
- l’estime de soi, la confiance qui seule permet de gérer le pouvoir. Cette confiance, le Chevalier la trouvera en entrant en relation avec son Moi supérieur (avec le
Soi).
- l’attitude d’esprit positive qui permet au cherchant de traverser ses doutes avec humour.
De même, pour atteindre la dévotion, il nous faut mettre en action :
- Le sentiment confiant d’appartenir à quelque-chose de plus grand que soi.
- La notion de service à ce «plus grand que soi», qui nous permettra d’Aimer (n’est-ce pas le Christ qui lava les pieds de ses Apôtres ?)
- La prière, véritable clé pour atteindre le plan des Maîtres.
Ainsi s’atteint l’équilibre. Le Chevalier vit en même temps sur deux plans et non, tantôt sur l’un, tantôt sur
l’autre. Il a compris qu’un être désincarné ne pouvait être efficace. C’est la raison pour laquelle les Maîtres ont besoin de nous. Le Chevalier vit donc son incorporation sans la regretter. Il
se sert de tous les moyens en sa possession pour atteindre son but et fait de son corps le Temple de Dieu, la nouvelle Jérusalem. Il sait qu’il doit pouvoir sortir de son mental à volonté et,
pour cela, il pratique régulièrement la méditation, la concentration et la réceptivité. Vivant au rythme de son cœur, de ses sentiments et non de ses émotions, il attire à lui les
regards.
Comme vous le voyez, l’aspirant Chevalier n’a pas de temps pour les motivations mondaines. Ayant visualisé la
planète qu’il désire pour ses enfants, il n’a que faire des billevesées s’il veut construire le royaume de Dieu, ce monde meilleur qu’il léguera à l’humanité.
Beaucoup se font une idée très incomplète de ce qu’étaient les Templiers. Pour certains, ils ne sont que des
chrétiens particuliers, vénérant tout spécialement la Vierge N.Dame et qui ont pris part aux croisades, pour d’autres, un ordre militaire qui gardait les routes de Palestine... e.t.c. Ils
étaient bien plus que cela...
Le brassage des populations qu’ils ont rencontrées en Orient leur a permis d’élargir leurs conceptions, de comparer
les diverses traditions. Ils ont ainsi été conduits à admettre, si besoin était, que tous vénéraient sous des formes et des noms différents le même Etre Suprême, Dieu.
De ce fait, La pensée des Templiers prit un caractère Universel. Nous savons que ces initiés avaient pour mission de
contribuer à l’unification des mondes, en réalisant l’unité entre les êtres humains. Ceci constitue encore aujourd’hui un des axes prioritaires de la Massenie. Mais avant cela, il est encore
plus nécessaire de contribuer à l’unité intérieure de l’homme, de l’amener par la méditation (nous ne reviendrons pas dessus pour avoir traité ce sujet dès nos premiers alinéas) ainsi que par
la concentration qui canalise la volonté et oriente le faible vouloir des hommes, à la transcendance des quatre états sans forme.
Nous sommes tous conscients des deux états, des deux mondes matériel et suprême, qui rejoint la Divinité et
amène la lumière à travers le monde matériel. Ce monde de l’émanation qui agit au moyen du mouvement dans le temps et dans l’espace.
Ce monde sans forme agit sur quatre états intérieurs :
- Le premier consiste à appeler la divinité. Il se rapporte à la volonté pure, au feu.
- Le second à la création divine. Il se rapporte à l’intellect, à l’air.
- Le troisième se rapporte à la formation Divine, à l’émotivité, à l’eau.
- quant au quatrième, il se rapporte à l’action, à l’exécution, au faire «divin» dans le monde matériel, dans ce monde qui procure l’énergie nécessaire à toute création.
Ces quatre niveaux correspondent au tabernacle de toutes les religions. Pierre angulaire de l’église universelle,
chaque Templier se doit de transcender ces états afin d’atteindre la pure conscience, vacuité diraient les Bouddhistes, et construire en eux ce Temple qui appartient au plan Divin, à ce niveau
intérieur le plus sacré, le saint des saints qui contient à lui seul les trois mondes : le Terrestre de l’achèvement physique, l’Astral de la formation des esprits et Spirituel, de la création
des sphères célestes. Le Templier doit garder à l’esprit que ces mondes sont peuplés d’entités qui appartiennent à d’autres réalités mais qui participent à nos existences, même si nous ne
les percevons pas. Nous subissons chaque jour les effets de leurs opérations cosmiques. C’est à cette conscience que l’aspirant Chevalier cherchera à amener les êtres qui l’entourent, afin
qu’ils puissent à leur tour entrer en contact avec ces âmes désincarnées ou tout simplement avec certains vivants en voyage dont le travail est d’éveiller.
Vous comprendrez aisément que le rythme de cet éveil est lent. Que chacun ne pourra assimiler ses potentialités et
intégrer cette connaissance qu’au bout d’un long chemin. Mais ne pensez pas que c’est l’éternité qu’il vous faudra ! Les Maîtres nous ont affirmé que l’homme avait en lui la connaissance
nécessaire pour remonter vers eux.. C’est cette connaissance qu’il vous faut chercher. Vous savez qu’elle n’est pas encyclopédique alors...! Cherchez au fond de vous.
Tuer en vous, sans cherchez dans l’autre, la racine du mal qui n’est autre que l’ambition et l’orgueil. Le disciple
doit apprendre à se laisser envahir par la sensation, à vivre des moments hors du corps physique et les portes de son âme s’ouvriront. Il entendra alors la mélodie qui est en lui.
Il doit apprendre à vaincre l’épreuve, à devenir inaccessible à la peur, à se débarrasser de l’anxiété, du
découragement. Peu à peu sa perception intuitive se développera. Certes, il passera par bien des souffrances mais aussi bien des plaisirs et des joies. Atteindre l’état de
renoncement afin que son âme réalise l’expérience, se libère des dernières entraves, devienne maîtresse d’elle-même. Par sa vision intérieure, l’être pourra accéder aux mondes inférieurs comme
supérieurs. Sa conscience pourra se transformer en lucidité psychique qui elle même se transforme en conscience profonde de l’univers et en présence divine.
Le but de cette intégration du Soi est de contribuer à l’intégration des quatre mondes, des quatre états sans forme.
Certains initiés sont arrivés à ce stade d’évolution et cela leur permet de faire partie d’une grande Fraternité occulte répandue dans le monde et inconnue de tous jusqu’au jour où un membre de
cette auguste assemblée se présentera peut-être à vous pour accomplir une mission précise. Ne vous laissez pas leurrer, il vous aura contacté dans un premier temps sur d’autres plans... Sur ces
plans qui vous seront devenus accessibles et où vous prendrez conscience de l’unité divine, de l’identité divine qui existe en l’Homme. Comment faire ? La route est simple derrière ces
mots compliqués qui n’ont d’autres buts que d’éloigner les curieux. Trouver le silence en soi part la pratique de la méditation, par la pratique de l’oratoire, nous ne faisons que le répéter,
Accepter la solitude du cherchant sur le sentier. Les âmes doivent transmigrer pour subir les épreuves qui permettront leur réintégration dans le monde divin. Les vies successives amènent
l’accomplissement soit de notre destin personnel au travers des circonstances soit d’une mission collective pour laquelle nous avons été préparés depuis longtemps. Nous sommes nés dans le seul
but de réaliser notre tâche. Vous avez organisé votre naissance avec vos guides, à un certain stade vous pourrez choisir vos épreuves... Mais nous nous complaisons dans le monde de la forme, de
la matière. Nous recherchons sans cesse le Maître humain qui nous gorgera de sa connaissance plutôt que de voir avec lui comment servir l’autre, les autres. Ouvrons les yeux. Notre premier
devoir ne s’appelle pas «droit», il consiste à venir en aide à ceux qui font appel à nous sans leur réclamer la moindre contre-partie (à condition bien sur que le but poursuivi soit
honnête et désintéressé). Le Temple n’a pas le monopole de cette voie, nous vous proposons seulement une démarche qui a l’avantage d’avoir été testée par des aînés. Souvenez vous, ne perdez
jamais de vue votre propre progression, quelque soit le niveau atteint.
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